Attention cette balade, c'est du pr0n motardesque. Âmes sensibles, s'abstenir :p
Le RB complet ---> http://urls.fr/ez4fj
Etapes dodo à Sainte-Marie-de-Cuines (73) et Jausiers (04).
JOUR 1 :
Bettant - Sainte-Marie-de-Cuines (550km)
Nous sommes partis avec armes et bagages mercredi matin à 5h de
Bettant. Mon père va faire sa première grande sortie avec la K1200GT et est à la fois anxieux et ultra-motivé. Et oui car nous avons plus de 500km dans cette journée à taper. Nous allons
direction Culoz via la D1504. Rouler de nuit est assez bizarre mais avec les feux xenon de la BMW (mon père ouvrait la route), c'est assez rassurant. On n'avait qu'une heure à rouler de nuit car
à 6h, le jour pointait son nez.
Arrivés à Culoz, direction Annecy. Là on commence à
ouvrir un peu plus, les deux motos se comportent très bien malgré les 5°C. Les pneus sont bien chaud et les angles se font un peu plus prononcés.
Premier col, celui des Aravis. Avant cela, pause
caouah à La Clusaz. Mon père me chambre un peu en me faisant tater les poignées chauffantes de la béhème... je pense que j'y ferai monter dès que possible sur la Versys. Début de la montée du Col des Aravis, nickel tip top. Petit moment de frayeur avec des vaches juste sur le rebord de la route mais on est presque à la fin de la
grimpette.
Descente ensuite pour attaquer le Col des Saisies. Montée
tranquillou. Arrivé au col, un mec vient nous taper la causette et remarque que je suis immatriculé 78. Un voisin de Montigny! Le monde est vraiment petit!
Clic clac, une petite photo souvenir de la montée et zou on repart
direction le Cormet de Roselend via Beaufort. Je suis toujours aussi épaté de la beauté de ce coin:
Pas un chat sur la route, on continue notre montée jusque là haut.
Je craignais pour Kawette ces altitudes, il n'en est rien. Elle se comporte toujours aussi bien! Et plus on avance, plus mon père prend confiance en la Karlita. Il faut les emmener les 300kg de
la bestiole. Je suis bluffé par l'efficacité, même si de temps en temps, papa est obligé de se démener un peu.
Direction ensuite le Lac de Tignes et le Col de
l'Iseran.
Il est déjà 11h quand on arrive au Lac de Tignes. La
montée du Col de l'Iseran se fait à bon rythme, tout en faisant attention aux (nombreux) cyclistes. Arrivés au Col, on regarde la température : 7,5°C. Gloups! Par contre au moment de remonter sur
la moto, je craque mon pantalon. Heureusement que j'avais prévu un jean! Bon bah la suite de l'aventure se fera en jean. Et hop changement de futal en
haut du col, ce qui a fait bien rire les badauds et mon père.
Il commence à se faire faim. On se cale dans une
pizzeria et faisons un petit check de la route à faire. On en est à 320km de la balade du jour à 13h. On est pas trop mal sur l'horaire. Maintenant prochaine étape, le Télégraphe. On l'a grimpé
la plupart du temps derrière des camping-cars. Ca nous a permis de profiter du paysage. Ce n'est pas une montée dont je raffole car pratiquement toutes les épingles se ressemblent. Au sommet, on
poireaute un peu pour faire notre photo, le temps que deux neuneus en vélo finissent de se bécoter devant le panneau et prennent 36.000 photos.
Nous enchaînons sur la montée du Galibier. A Valloire, un Italien en
R1200R nous plante littéralement manquant de nous faire tomber couplé à un Belge nous frolant limite et nous insultant. Hé, on n'y est pour rien mec! Passé ces encombres, on grimpe, on se fait
prendre en photo pendant qu'on roule par les mecs du site griffephotos.com et enfin on y est au sommet. J'adore ces paysages lunaires ainsi que la vue sur le glacier de la Meije.
Descente sur le Lautaret, nouvelles photos et pause
café.
Ouais... j'en pense pas moins :p
Puis nous nous dirigeons direction le Col de la
Croix-de-Fer. Là un illuminé en Skoda Fabia double tout ce qu'il peut dans les virages, dans les tunnels... manquant de s'emplâtrer dans un X5! Et il râle encore l'effronté en
plus! Là je me demande : mais où sont les bleus?
Après
cet épisode, nous ralentissons un peu la cadence car la fatigue se fait sentir. Mais par rapport aux paysages, c'est un mal pour un grand bien! Voilà ce à quoi nous avons droit au sommet
:
Puis nous nous dirigeons vers l'Etap'Hôtel de Sainte-Marie-de-Cuines
pour le repos des guerriers. En arrivant, on voit que la météo ne sera pas très belle pour le lendemain. On avisera demain, là nous sommes HS et le dodo est obligatoire!
Journée
2 : Saint-Marie-de-Cuines – Jausiers (310km)
Réveil à 7h00 et ô ! surprise… IL PLEUT ! On sent qu la journée va être super… On ébauche une idée de repli au cas où en refaisant le Télégraphe puis le Galibier pour arriver plus vite sur
Serre-Chevalier puis Jausiers au cas où ça continuerait de tomber.
Le temps d’avaler un bon petit déjeuner et zou on harnache les motos et les pilotes. Nous pouvons noter la réapparition de la combinaison de pluie SUPER SEEEEEEEEEEEEX ! Vu ce qu’il tombe ce
n’est pas de trop. Le temps de passer chez Gémo pour m’acheter deux nouveaux jeans (car celui que j’avais la veille avait lui aussi craqué…) et on repart.
Arrivés à Saint-Jean-de-Maurienne, on se pose la question. Puis on se dit : "oh et puis m****, on prend le trajet prévu. Au point où on en est…" et on attaque la montée du Col du Mont-Cenis.
Après avoir dépassé quelques cyclistes courageux et quelques camping-cars, on commence à naviguer à travers les nuages ! Un super souvenir. Plus on se rapproche du sommet, plus le ciel se dégage.
Et arrivés au sommet, voici le genre de paysage qui nous attend :
On longe le lac du Mont-Cenis et direction l’Italie pour un petit tour de Susa jusqu’à Cesana Torinese via les SS25 et SS24. Et là le soleil est de la partie ce qui induit une augmentation du
rythme. Franchement, j’ai été agréablement surpris de l’état des routes de ce côté, notamment sur la SS24. Le revêtement vient d’être refait et c’est un vrai régal car la route offre un panel de
virages variés : de la longue courbe à l’épingle. Avec mon père, nous avons ouvert assez salement et avons pris une petite peur à la vue des Carabinieri… qui regardaient dans l’autre
sens.
Retour en France par le Col de Montgenèvre ; nous l’avons passé si rapidement que nous ne nous sommes pas aperçus de son passage xD. Puis descente sur Briançon histoire de manger un morceau et
recharger les accus. Je peste déjà contre l’état du tracteur… Nous continuons sur la N94 direction Barcelonnette en passant par le Col de Vars. Entre-temps, nous reprenons une radée (histoire de
ne pas oublier l’effet de la pluie) et attaquons le Col de Vars sous le soleil. Et là, ça a été la très grosse attaque : le pater veut absolument me lâcher dans ce col qu’il connaît bien, mais je
m’accroche. Après cette petite arsouille, on arrive au sommet. A peine descendus des motos, il me lâche un petit « T’attaquais toi ? » Non, non papa, même pas. L’efficacité de la Versys en
sections viroleuses l’a bluffé (sic) même s’il y a un petit manque au niveau de la puissance.
Direction Jausiers car on se rend compte que l’hôtel est sur notre route. Tant mieux, on va déposer les affaires pour alléger les bêtes. Pendant que je faisais une recherche de bouibouis pour
manger le soir, mon père se pointe et me sort : « J’avais oublié qu’on était en demi-pension ce soir… pas la peine de chercher un restau’, ils servent à 20h » --‘’ Ca nous laisse quand même 4
heures avant de manger. On regarde les cartes et on se dit qu’on n’aura pas le temps de faire la boucle voulue. On va se concentrer sur la Cîme de la Bonette.
Le temps d’aller à Barcelonnette pour faire le plein, je regarde à nouveau le ciel et là… l’apocalypse. Des rideaux de flotte se pointent devant nous. On se regarde avec mon père, on enfile nos
combinaisons (encore !) et… on attaque la Cîme de la Bonette sous des seaux d’eau. Qui a dit grands malades ? On a 3h à tuer, donc nous nous entachons de grimper. On s’arrête pas mal de fois
le temps de contempler les différents paysages offerts, de laisser passer un troupeau entier de brebis, une marmotte et nous arrivons à dame. Le tracteur a du mal en haut, je sens qu’il n’a plus
beaucoup de patate… De plus nous avons attaqué la montée par 21°C, au sommet il ne fait que 3°C ! Gloups !
Et là arrive sans aucun doute le moment le plus sympathique de notre périple. Alors que nous prenions quelques photos arrive un mec avec une GS1200, équipé full Touratech et pas tout jeune. On
taille une bavette avec lui et nous raconte que ça fait presque 50 ans qu’il fait de la moto (!), qu’il est parti tout seul pour deux semaines à moto à travers l’Italie, la Suisse et la France.
Respect ! Il nous raconte aussi ses différents voyages faits à moto (Tunisie, Maroc, Route 66…), des anecdotes… et même pas fatigué alors qu’on est à 2800m d’altitude. Mon père et moi avons un
petit peu de mal à cette altitude, mais lui il bondit dans tous les sens, parle, parle. On se quitte et avec mon père nous sommes émerveillés. On espère qu’à son âge (donc pas loin de 70 balais,
voire plus !) on aura autant la même envie et la même patate pour rouler.
On est montés sous des torrents et on descend sous un soleil radieux. Un signe que la Bonette se mérite ?
Tous les points blancs, ce sont des moutons, et nous avons assistée
à la rabattue. Impressionnant!
On en profite pour mitrailler à fond et nous finissons fourbus mais
ravis notre journée. L’état des motos est déplorable:
Mais ne regrettons en rien après ce que nous avons vus. Dommage que nous n’ayons pas pu faire les 3 autres cols prévus dans la journée, cela donne une raison de revenir ^^. Après un repas plus
que copieux, nous allons nous coucher car demain sera celle du retour sur Bettant.
Je fais un peu de publicité pour le relais motard que nous avons choisi pour étape tant l’accueil, les chambres et la table sont excellents : http://www.le-sans-souci.com
Journée
3 : Jausiers – Bettant (350km)
Et c’est parti pour la dernière journée de cette
balade mémorable ! Réveil à nouveau à 7h pour prendre la route le plus rapidement. Ouverture des volets… ohhhhhh quel beau ciel bleu! Petit-déjeuner
exceptionnel préparé par la tenancière histoire que ça nous tienne au ventre et chaud (il ne fait que 6°C ce matin-là) et on remonte sur nos destriers… sales. On trouvera sur la route un Kärscher
car là c’est limite honteux...
Notre route nous emmène direction Gap pour ensuite bifurquer sur
Aspres sur Buëch. La route est assez tranquille, sans encombres. La montée après Gap est effectuée bon train, et nous roulons un temps plus fort que ces jours derniers car mon père doit être à la
maison avant 18h (il retourne bosser le lendemain et doit se lever à 3h).
Arrivés avant Aspres, on trouve un CarWash et on met un coup sur nos
meules. Ca fait bien plus plaisir de rouler sur une moto propre que sur un truc qui vient de se taper le Camel Trophy ! Par ailleurs, rencontre avec des Suisses qui partaient en moto en famille.
Les enfants sur des sportives (Gex1000 et Hyosung 650) et les parents sur une VN1700. Il n’y a pas que nous qui avons rencontrés de telles intempéries car un des gônes me disait que la veille ils
avaient fait le Galibier… sous la neige oO’’. Motivés les mecs !
Nous nous séparons et nous arrivons au pied du Col de Cabre. Le
revêtement a été refait sur la partie descendante, un régal.
Puis petit tour à travers le pays diois:
Direction désormais Die (célèbre pour sa clairette,
une préférence pour la Jaillance) où nous attend le dernier col de notre périple : le Col de Rousset. Et là sincèrement ça a avionné sévère. Pendant toute la montée, nous n’avons pas rencontré le
moindre pèlerin. Mon père a mis la BMW dans tous les sens, c’était bluffant de voir un mastodonte de 300kg être aussi à l’aise. La montée a été effectuée et à l’arrivée pas mal de gens se sont
retournés sur mon os. A mon humble avis, on a dû m’entendre depuis le sommet car depuis quelque temps, la Versys avec son Leo fait de plus en plus de potin. Bon j’avoue, j’étais tout le temps
entre 6000 et 7000 tr/min, normal qu’elle chante. Mais c’était marrant.
On passe le tunnel où je fais tirer un peu sur les rapports (mode
kéké on) et on redescend sur Lans-en-Vercors par les gorges de la Bourne. C’est toujours aussi beau par là-bas !
Le temps de prendre un café (très serré, celui-ci nous a tenus
éveillés jusqu’à Ambérieu facilement) et on descend sur Sassenage. On rattrape ensuite la N75 jusqu’à Morestel où mon père se plante de route. Je pensais qu’il avait fait exprès de prendre
direction Crémieu pour passer par les Grottes de Larnia, mais non. Qu’à cela ne tienne, ça rend le trajet un peu moins monotone que les longues lignes droites !
On s’arrête et là il me fait : « Ca te dit d’essayer la K12 ? » Moi,
sourire jusqu’aux oreilles, je ne vais pas refuser. Et on ramène les motos jusqu’à Bettant. Mon père était intrigué par la Versys et moi par la K12.
J’ai été bluffé de la protection de ce machin. Bulle en position
haute, aucun remous à signaler. Il est vrai qu’à l’arrêt, elle est très lourde, mais dès que c’est en mouvement, ça se pilote d’un doigt. Je n’ai pas tenté de changer les paramètres de l’ESA mais
déjà on sent la neutralité de la suspension. Partie-cycle au top même s’il a fallu que je me batte un peu plus pour la mettre sur l’angle. Par contre, il faut reconnaître que c’est une moto
électrique. Non pas que le moteur soit fade (il cause sévère en reprises, je me suis retrouvé de 90 à 160 en moins de deux alors que j’étais en … 6ème !) mais il n’y a pas de vibrations, le
moteur cause peu, c’est limite ennuyant. Ca reste tout de même une excellente moto… à voir quand papa l’aura débridée.
Retour à Bettant à 17h et fin de notre périple. Mon père veut déjà
repartir ! Ah là là ces anciens ! Mais ça reste un souvenir génial que de partir rouler avec son père qui plus est dans de telles contrées. Il n’y a pas à dire, la région Rhône-Alpes est une des
plus belles de France pour les motards et il y a encore tant de choses à voir…